Comment je suis partie pour la première fois.

C’était Juillet 2014, plusieurs mois avant, lors de mes 25 ans, je m’étais disputée avec ma soeur et mon père. J’étais perdue, je n’avais pas de perspectives d’avenir, et j’étais en phase « hight ».
Je m’étais rendue à Paris et je squattais l’appartement d’Emma à Courbevoie avec Sylvain. Je papotais sur internet avec Karolane, une amie québécoise que je connaissais depuis 8 ans mais que je n’avais jamais rencontrée.
Un jour Karo me dit : « Merde, je n’ai jamais visité mon propre pays, je prends un sac à dos et je vais vers l’ouest ! »
Ce à quoi j’ai répondu : « Moi non plus je n’ai jamais visité le Canada. Attends-moi, j’arrive ! »
J’en parle avec Sylvain, qui trouve que c’est une bonne idée : au moins je pourrais apprendre l’anglais. Nous regardons les billets d’avion mais tout ce qui est en été est à plus de mille euros… Finalement je choisis un aller simple à la date du 6 septembre. Nous sommes devant l’ordinateur d’Emma avec Sylvain, je réserve, je passe ma carte bancaire, pas d’annulation possible… l’excitation est à son comble, on ricane… Tadam ! Voyage enclenché !
Et là, Sylvain me demande si j’ai prévu quelque chose pour quand j’allais arriver. Ma réponse est non. Je reverrais toujours son expression atterrée, et lever les yeux au ciel.

Finalement Karo part dans la foulée : elle m’attendra dans l’ouest en travaillant. Moi je n’ai pas de visa de travail, seulement un visa de tourisme de 6 mois, mais l’agriculture me permettra de travailler au noir. Je passerais 4 jours à Montréal dans sa coloc’ et je réserve un billet de bus avec Greyhound pour Banff, là où elle a trouvé du travail.

Puis il faut se préparer : Emma et Ishtar m’aident à choisir mon bon vieux sac à dos au Vieux Campeur, ça dure des heures, Emma se suspend à tous les sacs dans mon dos pour faire du poids. Finalement mon choix se porte sur un Fjällräven rouge de 60L + 20L à un peu moins de 300 €. L’histoire nous dira que ma petite soeur me l’a emprunté pour faire le tour de l’Europe en autostop plus d’une fois.
Je remplis mon sac de T-shirt noirs achetés à Décathlon, de deux paires de chaussettes en laine, je choisis aussi quelques affaires d’été : il fait 36 degrés quand je débarque à Montréal. Mon sac pèse moins de dix kilos. Il en sera toujours ainsi jusqu’au moment présent où je vous écrit, à Taiwan, mon sac fait 14 kilos… Il y a des raisons mais ceci est une autre histoire.

Je n’avais en vérité jamais envisagé de rentrer. Karo et moi devions aller travailler en Okanagan dans les vergers, aller à Vancouver, acheter une voiture et tailler la route vers le Mexique… J’avais l’intention d’aller plus au sud et de me faire tuer. L’histoire en a été toute autre… Mais quand j’ai dit au revoir à tout le monde (peu de monde en vérité savait que je partais), dans ma tête, je leur disais adieu. Les sentiments étaient absolument terribles, mais je gardais le sourire.

Je prends l’avion…


L’émotion en partant était à son comble, mais n’était rien quand je suis arrivée… Voir les immeubles américains m’a bouleversée. Pourtant j’avais déjà vu New-York, mais c’est si différent de l’Europe… J’étais loin, loin de chez-moi. Monter dans le bus pour aller au métro, puis prendre un autre bus où je me suis étonnée de voir les gens faire la queue bien en ligne, me transportait.
J’ai demandé l’adresse dans la rue, mon sac pesait sur mes épaules, j’étais fatiguée de ma sale nuit d’avant départ et des 7 heures d’avion… Finalement j’ai descendu la rue, et j’ai aperçu une sorte de parc au bout de l’avenue. Il n’était que le début de l’après-midi, j’ai décidé d’y aller avant de trouver l’immeuble de Karo.

Je sentais que quelque chose m’attendais là bas.

Le Saint-Laurent….

C’est là que j’ai aperçu le Saint-Laurent pour la première fois.

Mes pieds ne touchaient plus le sol, le sac ne pesait plus rien, je le balançais d’ailleurs dans l’herbe. Je savais devant cette merveille que je n’étais pas venue pour rien. Les larmes me montèrent aux yeux en le voyant, si majestueux…

L’eau si large, le ciel si grand, j’étais foudroyée d’émotion comme jamais je ne l’avais été devant un paysage.

J’étais tombée amoureuse du Canada.

Je venais de tomber amoureuse du Voyage.

Ai-je pleuré ?
Je ne sais plus…

Mais je venais de trouver quelque chose, quelque chose qui allait devenir si important pour moi qu’il dirige encore aujourd’hui ma vie…

Sponsored Post Learn from the experts: Create a successful blog with our brand new courseThe WordPress.com Blog

Are you new to blogging, and do you want step-by-step guidance on how to publish and grow your blog? Learn more about our new Blogging for Beginners course and get 50% off through December 10th.

WordPress.com is excited to announce our newest offering: a course just for beginning bloggers where you’ll learn everything you need to know about blogging from the most trusted experts in the industry. We have helped millions of blogs get up and running, we know what works, and we want you to to know everything we know. This course provides all the fundamental skills and inspiration you need to get your blog started, an interactive community forum, and content updated annually.